Les populations noires en France, séminaire 2017-2018

 

Approches et comparaisons transatlantiques

DATES

jeudi 15 h – 18 h
Voir le calendrier des séances ci-dessous.

LIEU

Musée d’art et d’histoire (Saint-Denis)
22 bis rue Gabriel Péri
93200 Saint-Denis
– Comment venir au Musée d’art et d’histoire ?

Archives nationales, Pierrefitte sur Seine
– Comment venir aux Archives nationales ?

ou Université Paris 8
– Comment venir à Paris 8 ?

 

ORGANISATION

Audrey Célestine (Université Lille 3, CECILLE), Sarah Fila-Bakabadio (Université de Cergy-Pontoise, AGORA), Françoise Lemaire (Archives nationales), Sylvain Pattieu (Université Paris 8), Emmanuelle Sibeud (Université Paris 8, IDHE.S) et Tyler Stovall (Université de Californie, Santa Cruz).

CONTACT

Emmanuelle Sibeud

 

PRÉSENTATION

Depuis plusieurs années, des travaux étudient les formes de racialisation subies, ou revendiquées par certains groupes dans la société française, en particulier par les populations noires. Ils invitent également à analyser les usages sociaux de la notion de race (entendue comme un fait social et non biologique) en France et ils interrogent de façon générale la place à accorder à la « question raciale » dans l’historiographie française. Quelle histoire sociale des populations noires ces travaux permettent-ils de construire ? Dans quelle mesure, la catégorie « populations noires » est-elle pertinente et que peut-elle apporter ? Sur le plan empirique, force est de constater que les groupes susceptibles de s’inscrire dans cette catégorie sont plus ou moins bien connus. Comment dépasser la réduction de cette catégorie à des élites sociales ou militantes souvent bien étroites ?

Destiné aux étudiants de master, aux doctorants et aux chercheurs, ce séminaire est conçu comme un lieu de dialogue entre historiens, sociologues et spécialistes de science politique, entre spécialistes de la France et des chercheurs travaillant sur d’autres espaces. Les séances de l’année 2017-2018 seront consacrées aux approches et aux comparaisons transatlantiques qu’il est possible (ou non) de mobiliser pour approfondir l’histoire des populations noires en France et pour analyser les formes passées et présentes de racialisation qui se cristallisent autour d’elles.

Les Amériques ont été marquées par l’esclavage et la ségrégation raciale, mais également par des mouvements émancipateurs et par l’élaboration de concepts permettant d’analyser le racisme et de le combattre. Ces expériences et les perspectives théoriques qui les étudient sont d’autant plus incontournables pour l’histoire sociale des populations noires en France que cette histoire s’inscrit en partie dans des territoires géographiquement américains. Les approches et les comparaisons transatlantiques soulèvent pourtant de vives polémiques en France, qu’elles soient présentées comme des clés de compréhension, ou au contraire rejetées a priori. Le séminaire invitera à réfléchir à leurs apports théoriques et empiriques et à leur pertinence à partir d’exemples concrets, en histoire, en sociologie, en science politique, en droit ou en philosophie.

 

PROGRAMME

Jeudi 12 octobre 2017, 15 h – 18 h
Introduction

Jeudi 19 octobre 2017, 15 h – 18 h
Lionel Zevounou | université Paris Nanterre, CRDP/IDHES
Assimilation et Critical Race Theory

Jeudi 9 novembre 2017, 15 h – 18 h – Archives nationales, salle des commissions 4
Sylvain Mary, Audrey Célestine , Gilles Le Berre, Françoise Lemaire, Rosine Lheureux et Jean-Pierre Bat
Les problématiques liées aux fonds sur les Outre-mers français

Jeudi 23 novembre 2017, 15 h – 18 h – université Paris 8, salle G2
Caroline Rolland-Diamond | université Paris Nanterre, CREA
Résistance et mobilisation des Africain.e.s-Américain.e.s pour l’égalité et la justice aux XXe et XIXe siècles

Jeudi 7 décembre 2017, 15 h – 18 h, Musée d’art et d’histoire
Matthieu Renault | université Paris 8, LLCP
Pour une contre-généalogie de la race : C.L.R. James, Frantz Fanon, W.E.B. Du Bois

Jeudi 21 décembre 2017, 15 h – 18 h, Musée d’art et d’histoire
Ana Lúcia Araujo | Howard University
Que peut-on apprendre du passé ? La longue histoire des demandes des réparations pour l’esclavage dans l’espace atlantique

Jeudi 25 janvier 2018, 15 h – 18 h, université Paris 8, salle G2
Ruth Ginio | Ben Gourion University
L’armée française et la décolonisation en Afrique Occidentale Française

Jeudi 8 février 2018, 15 h – 18 h, Musée d’art et d’histoire
Clémence Léobal | université Paris Descartes, Cerlis
Vivre en « pays blanc » sur le littoral guyanais : regards bushinengués sur la racialisation des personnes, des maisons et des lieux.

Jeudi 8 mars 2018, 15 h – 18 h, Musée d’art et d’histoire
Sébastien Chauvin | université de Lausanne
Race et classe dans les mouvements sociaux de l’Amérique pré-Black Lives Matter : l’exemple du community organizing

Jeudi 22 mars 2018, 15 h – 18 h, Musée d’art et d’histoire SÉANCE ANNULÉE
Anthony Mangeon | université de Strasbourg, CERIEL
La question noire au prisme de Martin Luther King, 50 ans après son assassinat

Jeudi 5 avril 2018, 15 h – 18 h, Musée d’art et d’histoire
Audrey Célestine Université Lille III, IUF
La fabrique politique des identités ethno-raciales en France et aux États-Unis

Jeudi 19 avril 2018, 15 h – 18 h, Musée d’art et d’histoire
Armelle Enders | Université Paris 8, CEMTI
Retour à la démocratie et nouvelles approches de la question raciale au Brésil (années 1980)

Jeudi 3 mai 2018, 15 h – 18 h, Musée d’art et d’histoire SÉANCE ANNULÉE
Sébastien Roux | CNRS, LISST-CAS
Grades d’amour. Politiques raciales de l’adoption internationale

Les pendus de Londres

Crime et société civile au XVIIIe siècle

PETER LINEBAUGH

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Frédéric Cotton et Elsa Quéré
Édition préfacée et annotée par Philippe Minard

Co-édition : Collectif des Métiers de l’Édition / Lux Éditeur (diff. Harmonia Mundi)
ISBN : 978-2-89596-275-5
Date de parution : 3 mai 2018
648 pages

 

Présentation

Au XVIIIe siècle à Londres, la potence ne sert pas seulement à punir les criminels. Elle contribue aussi à imposer aux pauvres la tyrannie du capitalisme moderne naissant. La pendaison est un spectacle dissuasif pour quiconque tenterait de contrevenir à la loi de la propriété privée, ne fût-ce que pour ne pas mourir de faim.

Mêlant habilement l’analyse historique minutieuse et le récit picaresque, Les pendus de Londres dresse une histoire sociale du crime, le récit de la justice et de la peine capitale. En recourant à une abondance de sources primaires – archives judiciaires, chansons et poèmes populaires, confessions et dernières paroles de condamnés –, l’auteur fait revivre les pendus, ces travailleurs ordinaires que rien ne destinait à la potence mais dont les usages et les coutumes apparaissaient comme une menace pour les élites au pouvoir.

Peter Linebaugh, disciple d’E.P. Thompson, a publié ce classique de l’« histoire par en bas » en 1991, ouvrage enfin traduit en français grâce aux efforts communs du CMDE et de Lux.
Avec le soutien de l’IDHE.S Paris 8 et de l’EHESS

 

L’auteur

Peter Linebaugh est spécialiste de l’histoire anglaise et irlandaise ainsi que du travail et du colonialisme atlantique. Il est notamment l’auteur, avec Markus Rediker, de L’Hydre aux milles Têtes. L’histoire cachée de l’Atlantique révolutionnaire (Amsterdam, 2008).

L’auteur de l’édition en français
Philippe Minard est professeur d’histoire économique et sociale à l’université Paris 8 (IDHES, UMR 8533-CNRS) et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.