Une nouvelle histoire de la prison et de l’enfermement ?


Journées d’études internationales organisées par l’IDHE.S, le centre Georg Simmel et le CRH.

DATES

Mercredi 7 et jeudi 8 novembre 2018

LIEU

EHESS (Salle M. & D. Lombard)
96, boulevard Raspail
75006 Paris

 

ORGANISATION

Vincent Milliot | université Paris 8, IDHE.S
Philippe Minard | université Paris 8, IDHE.S et EHESS,
Falk Bretschneider | EHESS, Centre Georg Simmel
Natalia Muchnik | EHESS, CRH

PRÉSENTATION

Situé au carrefour de plusieurs historiographies – histoire de la justice et de la criminalité, histoire des polices, histoire de l’administration et de l’État, histoire de l’Église, histoire du travail et de la marginalité/pauvreté – le chantier de l’histoire de la prison et de l’enfermement connaît depuis quelques années un renouveau certain. Le programme de recherche récent « Enfermements. Histoire comparée des enfermements monastiques et carcéraux », mais aussi plusieurs soutenances de thèse et travaux de recherche au cours de ces dernières années l’attestent.
Longtemps adossée à un ensemble de travaux et de controverses illustrés par les ouvrages de Michel Foucault, Yves et Nicole Castan, Jacques-Guy Petit et Michelle Perrot notamment, l’historiographie francophone est aujourd’hui confrontée aux apports nombreux des historiographies anglaise et nord-américaine, hispanique, italienne et germanophone. Cette ouverture internationale s’accompagne du refus de considérer la prison sous l’angle exclusif d’un droit de punir reformulé par les réformateurs des Lumières et les juristes de la Révolution française. Toute approche téléologique, en termes de modernisation nécessaire ou de genèse de la prison est désormais récusée, au profit d’une interrogation plus complexe, fondée sur l’étude comparatiste dans le temps long des singularités « carcérales », mais aussi sur la diffusion, la circulation et la réinterprétation des expériences de l’enfermement.
Avant même « l’invention de la prison pénale » à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, existent des lieux d’enfermements et des archipels carcéraux servant à retrancher du corps social un certain nombre « d’indésirables », que ce soit pour des raisons punitives, disciplinaires ou même charitables (hôpitaux, maisons de pauvres). Leur matérialité est incontestable, qui soulève des problèmes d’aménagement et de financement, détermine des circuits d’approvisionnement, nourrit les réflexions des administrateurs, des magistrats, des moralistes, des réformateurs et des économistes. Face à la population des enfermé(e)s se dessine le groupe de ceux qui gèrent au quotidien les lieux d’enfermement, qui encadrent les internés et dont on se préoccupe aujourd’hui de faire l’histoire sociale. La relecture de ce face-à-face conduit à interroger à nouveaux frais les modes de régulation internes aux lieux d’enfermement, mais aussi au-delà, à se pencher sur la diversité des fonctions assignées à ces lieux, sur les attentes et les représentations sociales qui s’y rattachent.
Ces premières journées, sous forme d’atelier, seront consacrées à un état de la recherche ; elles entendent constituer un jalon dans la formation projetée d’un réseau international centré sur l’étude des enfermements, plus particulièrement à l’époque moderne. D’autres journées thématiques, notamment à Montréal et à Moscou, sont en projet dans les deux années à venir. À terme, l’organisation d’un colloque international est un point d’aboutissement possible pour ce travail collectif.

PROGRAMME

MERCREDI 7 NOVEMBRE 2018

 

9 h 45 Accueil

 

10 h - 10 h 30 Natalia Muchnik et Falk Bretschneider | EHESS
Introduction générale

La prison et la ville 

10 h 30 Julie Claustre | Université Paris 1
La prison dans la ville : temps et espace

10 h 45 Sabrina Timmer | Université de Bielefeld
“Auf Bänken, in Kammern, Türmen und Löchern” – Formes et fonctions du système pénitentiaire de Nuremberg dans la transition de la fin du Moyen Âge au début des temps modernes

 

11 h Pause café

11 h 30 Mikhael Moreau | Université de Genève
“Revêtir les prisons” à Genève au 18e siècle : les prisons urbaines de l’Évêché et leurs prisonniers

11 h 45 Discussion animée par Elsa Génard | Université Paris 1

 

13 h Pause déjeuner

 

Les prisons et l’argent

14 h 30 Sophie Abdela | Université de Sherbrooke
Les finances des prisons parisiennes au 18e siècle

14 h 45 Benoît Saint-Cast | Université Lyon 2
Des prisons pour le commerce ? Usages et conditions de l’enfermement pour dette à Lyon (vers 1650-vers 1750)

15 h Simon Castanié | Sorbonne université
Arrêter, administrer, libérer : les acteurs de l’emprisonnement pour dette à Paris (seconde moitié du 18e siècle)

15 h 15 Pause café

15 h 45 - 17 h Discussion animée par Philippe Minard | Université Paris 8, EHESS

 

JEUDI 8 NOVEMBRE 2018

Enfermement et religion

9 h 30 Elisabeth Lusset | CNRS
L’enfermement punitif des religieux au Moyen Âge et à l’époque moderne

9 h 45 Katja Makhotina | Université de Bonn
Sin and justice. Monastery prisons in the penitentiary praxis of the Early Modern Russia

10 h Discussion animée par Michel Porret | Université de Genève

11 h Pause-café

La société carcérale

11 h 15 Camille Dégez-Selves | École des Chartes
Une société carcérale : la prison de la Conciergerie (fin 16e - milieu 17e siècles)

11 h 30 Inès Glogowski et Xavier Rousseaux | Université de Louvain
Entre prisonniers, geôliers et officiers. La prison bruxelloise à la fin du 18e siècle, lieu de confrontation des pouvoirs ?

11 h 45 Discussion animée par Vincent Milliot | Université Paris 8

12 h 45 Pause déjeuner

 

La prison et le monde

14 h 15 Habmo Birwe | Université Paris 1
La prison comme espace de travail. Une histoire de l’enfermement et du travail au Cameroun (colonial)

14 h 30 Marie Houllemare | Université de Picardie Jules Verne
Du cachot de plantation domingois à la Bastille : le réseau des prisons coloniales et impériales dans la seconde moitié du 18e siècle

14 h 45 Discussion animée par Mathilde Rossigneux-Méheust | Université Lyon 2

15 h 45 Pause-café

Bilan et perspectives

16 h - 17 h Discussion de clôture animée par Pascal Bastien | UQAM et Anne Simonin | CNRS

 

TÉLÉCHARGER

PDF - 857.1 ko
Programme (pdf)

 

 

 

 

 

 

 

La France d’Ancien Régime


Vincent Milliot
Philippe Minard

Éditeur : Armand Colin
Lieu : Paris
ISBN : 9782200620141
Date de parution : 5 septembre 2018
240 p.

 

PRÉSENTATION

La France d’Ancien Régime constitue un univers à la fois fascinant et dépaysant pour l’observateur contemporain : la société tout entière est organisée de façon hiérarchique et pyramidale, autour des deux piliers que sont la monarchie et l’Église catholique qui, ensemble, gouvernent la vie de 20 à 28 millions de Français, appelés à louer Dieu et vénérer leur roi.
Nourri des recherches les plus récentes et appuyé sur une longue expérience pédagogique, ce livre propose des clés pour comprendre les structures et le fonctionnement de la société française des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. De manière claire et vivante, il restitue les conditions de vie, les manières de croire et de penser des différentes catégories de Français, et analyse de façon dynamique la lente construction de l’État royal ainsi que les contradictions qui exploseront en 1789.
Une attention particulière a été portée aux outils et instruments de travail destinés à faciliter la réussite des étudiants de Licence auxquels ce livre s’adresse en priorité.

 

LES AUTEURS

Vincent Milliot est professeur d’histoire moderne à l’université Paris 8 Vincennes Saint-Denis et chercheur à l’IDHE.S.

Philippe Minard est professeur d’histoire économique et sociale à l’université Paris 8 Vincennes Saint-Denis (IDHES, UMR 8533-CNRS) et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.

Histoire sociale des populations noires en France

DATES
Jeudi 15 h - 17 h
Voir le calendrier des séances ci-dessous.

LIEU

Musée d’art et d’histoire (Saint-Denis)
22 bis rue Gabriel Péri
93200 Saint-Denis
– Comment venir au Musée d’art et d’histoire ?

Sauf la séance du 4 avril 2019 :
Archives nationales, Pierrefitte sur Seine
– Comment venir aux Archives nationales ?

 

ORGANISATION
Maud Allera (Archives nationales), Audrey Célestine (Université Lille 3, CECILLE), Sarah Fila-Bakabadio (Université de Cergy-Pontoise, AGORA), Gilles Le Berre (Archives nationales), Sylvain Pattieu (Université Paris 8, IDHE.S), Emmanuelle Sibeud (Université Paris 8, IDHE.S) et Tyler Stovall (Université de Californie, Santa Cruz)

 

CONTACT
Emmanuelle Sibeud

 

PRÉSENTATION

Depuis plusieurs années, des travaux étudient les formes de racialisation subies, ou revendiquées par certains groupes dans la société française, en particulier par les populations noires. Ils invitent également à analyser les usages sociaux de la notion de race – entendue comme un fait social et non biologique – en France et ils interrogent de façon générale la place à accorder à la « question raciale » dans l’historiographie française. Quelle histoire sociale des populations noires ces travaux permettent-ils de construire ? Dans quelle mesure, la catégorie « populations noires » est-elle pertinente et que peut-elle apporter ? Sur le plan empirique, force est de constater que les groupes susceptibles de s’inscrire dans cette catégorie sont plus ou moins bien connus. Comment dépasser la réduction de cette catégorie à des élites sociales ou militantes souvent bien étroites ?

Une place privilégiée sera faite en 2018-2019 aux recherches qui cherchent à mesurer les traces pratiques et symboliques laissées par l’esclavage et par ses abolitions. L’hypothèse que nombre de sociétés contemporaines peuvent être définies comme des sociétés « post-émancipation » a suscité d’importantes recherches depuis deux ou trois décennies. Que peut-on en retirer pour l’histoire sociale des populations noires en France ? Quelles perspectives ces recherches ouvrent-elles pour l’histoire de la question raciale, en France et ailleurs ?

Destiné aux étudiants en master et en doctorat, ce séminaire annuel est conçu comme un lieu de dialogue entre chercheurs travaillant dans des perspectives différentes, entre spécialistes de la France et d’autres espaces qui partagent les mêmes questions.

Pour les étudiants de master, la validation du séminaire reposera sur leur participation aux séances d’atelier du premier semestre. Ces séances seront consacrées à un travail collectif de recherche sur les albums photographiques de la mission Blaise Diagne de recrutement de soldats en Afrique de l’ouest en 1918. Il s’agira d’interpréter certaines de ces photographies en construisant une bibliographie et un corpus d’archives à partir des sources disponibles à Paris.

 

PROGRAMME

Jeudi 4 octobre 2018
Introduction

Jeudi 18 octobre 2018
Jean-Pierre Sainton | Université des Antilles
Identités de couleur en Guadeloupe et en Martinique ; historicité et rémanences d’une construction

Jeudi 29 novembre 2018
Marie–Christine Touchelay | Université Paris XIII, laboratoire Pléiade
L’histoire sociale des populations noires en France s’écrit aussi depuis ses marges : la loi du 19 mars 1946 en Guadeloupe : une boîte de Pandore pour la “question raciale” ?

Jeudi 6 décembre 2018
Tyler Stovall
University of California, Santa Cruz
L’étude des populations noires en France : visions historiographiques de l’avenir

Jeudi 13 décembre 2018
Pauline Peretz | Université Paris 8, IHTP
Reségrégation et tentatives d’intégration dans l’armée américaine pendant la Seconde Guerre mondiale

Jeudi 20 décembre 2018
Nicolas Martin-Breteau | Université Lille 3
Penser l’injustice raciale en France. Sur les enjeux scientifiques et politiques d’une traduction de W.E.B. Du Bois et Charles W. Mills

Jeudi 21 mars 2019
Silyane Larcher | CNRS – URMIS et Félix Germain | Pittsburgh University
Marianne est aussi noire. Les femmes noires dans l’histoire des luttes politiques et sociales en France

Jeudi 28 mars 2019
Ana Lúcia Araujo Howard University
Mount Vernon et Monticello : Mémoire et histoire de l’esclavage dans deux sites patrimoniaux aux États-Unis

Jeudi 4 avril 2019 Archives nationales
Gilles Le Berre et Maud Allera | Archives nationales
La question de l’esclavage : commémoration et lois mémorielles en France

Jeudi 11 avril 2019
Anne Lafont | EHESS, CRAL
Modèles et personnalités noir.e.s de la modernité artistique (autour de l’exposition du musée d’Orsay : Le modèle noir de Géricault à Matisse, 25 mars-14 juillet 2018) »

Jeudi 18 avril 2019
Sébastien Roux | CNRS, LISST-CAS
Grades d’amour. Politiques raciales de l’adoption internationale

 

TÉLÉCHARGER

PDF - 347.2 ko