Le Noeud gordien. Police et justice : des Lumières à l’État libéral (1750-1850)

 

Marco Cicchini et Vincent Denis (dir.), avec la collaboration de Vincent Milliot et Michel Porret

Éditeur : Georg Éditeur
Collection : L’équinoxe
ISBN : 978-2-8257-1075-3
Date de parution : 22 mai 2018
368 p.

 

 

 

 

Présentation

Bras distincts d’un même appareil luttant contre les illégalismes, interdépendantes et emboîtées, la police et la justice sont différentes, parfois étrangères l’une à l’autre, voire opposées. D’où vient cette séparation du juge et du policier ? Quels sont les processus qui l’ont générée et quelles en sont les conséquences ?

Entre 1750 et 1850, des Lumières à l’État libéral, autour de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789), de la Révolution française et de la codification napoléonienne, se nouent les enjeux fondamentaux d’une relation complexe. Redéfinition des concepts, autonomisation des pouvoirs de police, déclin de la police juridictionnelle, montée en puissance de la police judiciaire, promotion des libertés individuelles en témoignent.

Au-delà des lois et des codes de procédure, ce livre observe les tensions et les défiances qui se font jour en divers lieux dans ce moment inaugural de l’émergence de l’État de droit. Entre doctrine, institutions et pratiques, les études réunies ici tentent de révéler les soubassements historiques d’une relation entre police et justice qui ne cesse de tarauder les démocraties contemporaines.

Les auteurs

Marco Cicchini est enseignant au département d’histoire de l’université de Genève.
Vincent Denis est maître de conférences HDR en histoire moderne à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne et chercheur à l’IHMC.
Vincent Milliot est professeur d’histoire moderne à l’université Paris 8 Vincennes Saint-Denis et chercheur à l’IDHE.S.
Michel Porret est professeur d’histoire moderne à l’université de Genève.

 

Table des matières

Liminaire : police et justice, p. 9
Marco Cicchini, Vincent Denis, Vincent Milliot et Michel Porret

Introduction. Police et justice : pour le meilleur et pour le pire (1750-1850), p. 13
Marco Cicchini

 

Normes, concepts et principes

Du concept à l’institution : les spécificités du mot « police » en langue anglaise, p. 47
Clive Emsley

Police et justice à travers le mémoire sur les ordres du roi de Malesherbes, p. 70
Vincent Denis

Réformes de police et magistratures de justice en Italie dans le dernier tiers du XVIIIe siècle, p. 79
Brigitte Marin

Régime des droits versus utilité publique. Justice, police et administration : faire face à l’industrialisation (France – Grande-Bretagne, 1750-1850), p. 101
Thomas Le Roux

Police ou justice ? Organisation judiciaire et qualification juridique des infractions à Modène dans la première moitié du XIXe siècle, p. 124
Elio Tavilla

Acteurs et institutions

Les inspecteurs de la Sûreté, ou « l’invention pratique » de la police judiciaire dans le Paris des Lumières, p. 141
Vincent Milliot avec la collaboration de Rachel Couture

Justice et police dans l’Espagne des Lumières : le cas des alcaldes de barrio de Valladolid, p. 161
Lourdes Amigo Vázquez
Les abus de pouvoir d’un alcalde de barrio Mexico, fin XVIIIe siècle, p. 184
Arnaud Exbalin

Luigi de’ Medici et le déclin de la police juridictionnelle à Naples (1791-1795), p. 204
Giorgia Alessi

Pratiques de police et ouverture de la procédure judiciaire. Le rôle des curés dans le Tribunal du Vicaire de Rome pendant la Restauration, p. 222
Chiara Lucrezio Monticelli

Pratiques

La criminalisation de la contrebande. Fiscalité, police et justice dans la France du XVIIIe siècle, p. 245
Michael Kwass

Police et justice dans la gestion des délits : l’exemple du tribunal de police de Marseille (seconde moitié du XVIIIe siècle), p. 265
Audrey Rosania

La justice face aux mesures de haute police sous le Consulat et l’Empire. De la violation de l’indépendance du pouvoir judiciaire à la collaboration entre pouvoirs, p. 286
Emmanuel Berger Et Jeanne-Laure Le Quang

« Veiller les malfaiteurs pour éventer le crime. » Le préfet, la police judiciaire et la répression du brigandage sous l’Empire, p. 309
Vincent Fontana

Postface

Une justice instrumentalisée, p. 331
Philippe Robert

Liste des auteurs, p. 355

Les pendus de Londres

Crime et société civile au XVIIIe siècle

PETER LINEBAUGH

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Frédéric Cotton et Elsa Quéré
Édition préfacée et annotée par Philippe Minard

Co-édition : Collectif des Métiers de l’Édition / Lux Éditeur (diff. Harmonia Mundi)
ISBN : 978-2-89596-275-5
Date de parution : 3 mai 2018
648 pages

 

Présentation

Au XVIIIe siècle à Londres, la potence ne sert pas seulement à punir les criminels. Elle contribue aussi à imposer aux pauvres la tyrannie du capitalisme moderne naissant. La pendaison est un spectacle dissuasif pour quiconque tenterait de contrevenir à la loi de la propriété privée, ne fût-ce que pour ne pas mourir de faim.

Mêlant habilement l’analyse historique minutieuse et le récit picaresque, Les pendus de Londres dresse une histoire sociale du crime, le récit de la justice et de la peine capitale. En recourant à une abondance de sources primaires – archives judiciaires, chansons et poèmes populaires, confessions et dernières paroles de condamnés –, l’auteur fait revivre les pendus, ces travailleurs ordinaires que rien ne destinait à la potence mais dont les usages et les coutumes apparaissaient comme une menace pour les élites au pouvoir.

Peter Linebaugh, disciple d’E.P. Thompson, a publié ce classique de l’« histoire par en bas » en 1991, ouvrage enfin traduit en français grâce aux efforts communs du CMDE et de Lux.
Avec le soutien de l’IDHE.S Paris 8 et de l’EHESS

 

L’auteur

Peter Linebaugh est spécialiste de l’histoire anglaise et irlandaise ainsi que du travail et du colonialisme atlantique. Il est notamment l’auteur, avec Markus Rediker, de L’Hydre aux milles Têtes. L’histoire cachée de l’Atlantique révolutionnaire (Amsterdam, 2008).

L’auteur de l’édition en français
Philippe Minard est professeur d’histoire économique et sociale à l’université Paris 8 (IDHES, UMR 8533-CNRS) et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales.