Les statistiques des empires. Compter, classer, connaître et dominer, 18 décembre 2020

La journée vise à éclairer la fabrication, les usages et les finalités des statistiques des empires à travers des situations et des époques distinctes. Centrée sur les statistiques publiques, celles qui sont fabriquées par et pour des Autorités politiques, elle interroge plus particulièrement la relation entre statistiques et pouvoirs et entre statistiques et domination.

DATES

Vendredi 18 décembre 2020, 9 h – 17 h 30
À voir et revoir, voir lien ci-dessous.

LIEU

Journée d’études exclusivement par visioconférences.

ORGANISATION

Emmanuelle Sibeud | université Paris 8, IDHE.S
Béatrice Touchelay | université de Lille, IRHiS

Journée soutenue par l’Académie royale des Sciences d’Outre-Mer de Belgique, la Société française de statistiques (bureau histoire), les Archives nationales d’outre-mer, l’IDHE.S (Institutions et dynamiques historiques de l’économie et de la société – UMR CNRS 8533), l’IGPDE (Institut de la gestion publique et du développement économique) et l’IRHiS (Institut de Recherches historiques du Septentrion – UMR CNRS 8529).

 

PRÉSENTATION

Cette journée d’études a pour objet l’étude des circulations d’idées et de pratiques statistiques dans et hors des empires, mais également la formation des statisticiens, de leurs relations avec les autorités territoriales, avec les colons et avec les populations locales. Il s’agit également de comprendre comment, en dénombrant, en classant, en normalisant les statistiques « officielles » créent du lien, intègrent, marginalisent ou excluent, et s’imposent parmi les attributs essentiels du pouvoir. Le cadre des empires paraît propice pour expliquer et analyser les effets de leur généralisation à l’échelle du monde depuis deux siècles.
Pourquoi les statistiques ont été imposées parmi les critères essentiels de la hiérarchie des nations et en quoi influencent-elles leur développement ? Comment les statistiques participent à la formation, à l’affirmation puis à la transformation (dislocation ?) des empires ? Enfin, comment les statistiques accompagnent, préparent, soutiennent et s’adaptent aux transitions politiques et économiques contemporaines ?

 

PROGRAMME

9 h – 9 h 30 Introduction
Emmanuelle Sibeud, professeure d’histoire contemporaine, Université Paris 8, IDHE.S, UMR CNRS 8533

9 h 30 – 10 h 30 Sources

Les fonds INSEE sur les colonies françaises
Irin Hassold-Merer et Aude Martin, INSEE division Documentation, bibliothèque de l’INSEE Alain Desrosières, Montrouge

Les notices sur la Transportation et la Relégation, des statistiques pénitentiaires réalisées en situation coloniale
Aïssata Camara, doctorante en histoire contemporaine, Université Paris 8, IDHE.S, enseignante dans le secondaire en Guyane

10 h 30 – 11 h 30 Statistiques coloniales des populations :
méthodes et enjeux

La couleur des chiffres. Compter et classer les populations du « second empire » espagnol (1825-1898)
Mathieu Aguilera, doctorant en histoire, Sciences Po Paris-CHSP, Université autonome de Madrid

Les statistiques mandataires : entre politiques coloniales et de développement
Roser Cussó, professeure de sociologie, Université Paris 1, D & S

11 h 30 – 12 h 30 Des statistiques qui construisent les empires ?

De la première association sociologique de Belgique aux organisations internationales, de l’État belge à l’État turc, la circulation du démographe transnational Camille Jacquart (1867-1931)
Aykiz Dogan, doctorante en sociologie, Université Paris 1

Usages et mésusages de la statistique en Guadeloupe des années 1930 aux années 1960
Marie-Christine Touchelay, docteure en histoire contemporaine, enseignante dans le secondaire en Guadeloupe et chargée de cours à l’Université des Antilles (campus de Saint-Claude)

 

Déjeuner

 

14 h 30 – 15 h 30 Les statistiques agricoles/alimentaires, volonté de savoir ou de dissimuler ?

Chiffrer et évaluer la vulnérabilité à la famine au Bengale colonial : entre logique coloniale de l’enclave et volonté d’information économique (années 1860-années 1910)
Éléonore Chanlat-Bernard, doctorante en histoire au Centre de recherches historiques et au Centre d’études de l’Inde et de l’Asie du Sud, ATER d’histoire à l’Université de Rouen Normandie

Les statistiques agricoles des Tableaux de la situation des établissements français dans l’Algérie (TEF) et de la Statistique générale de l’Algérie (SGA) (1851-1891) : un mirage algérien ?
Laurent Heyberger, maître de conférences HDR, Université de technologie de Belfort-Montbéliard

 Les statistiques de l’alimentation dans la Tunisie coloniale : un outil de domination (1910-1956) ?
Nessim Znaien, docteur en histoire contemporaine, ATER en histoire à l’Université d’Aix Marseille

 

15 h 30 – 16 h 30 Les statistiques des entreprises coloniales

De la production des statistiques : acteurs et pratiques dans une station expérimentale de cacaoyer au Cameroun (1949-1960)
Okala Tsala Silvere, doctorant en histoire, Université Paris 8, IDHE.S

Usages et évolutions des catégories statistiques dans les entreprises pétrolières françaises en Algérie : du travailleur musulman au travailleur algérien (1951-1971)
Radouan Andrea Mounecif, doctorant CIFRE Sorbonne Université (UMR Sirice), archiviste aux Archives historiques du groupe Total

16 h 30 – 17 h Conclusions, perspectives
Béatrice Touchelay, professeure d’histoire contemporaine, Université de Lille, IRHiS, UMR CNRS 8529

17 h – 18 h
Remise du prix Alain Desrosières

Illustration de l’affiche : Ellebé (Bernard Lefebvre dit), Kinkala. Marché au caoutchouc. Le chef de subdivision reçoit et paye la récolte individuelle des indigènes, 1er février 1944 (FR ANOM 30Fi72/37) © Archives nationales d’outre-mer.

(RE)VOIR

Les interventions lors de cette journée : https://webtv.univ-lille.fr/grp/523/journee-etudes-les-statistiques-des-empires-compter-classer-connaitre-et-dominer/